En dehors du dôjô : aller en stage (aïkidô)

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Pratiquants lors d’un stage (2012 – photo de l’auteur).

Contrairement à de nombreuses disciplines martiales, l’aïkidô, pour une écrasante majorité de ses courants, ne présente pas de volet « compétition » et peut sembler prédisposer à rester confiné dans l’entre-soi, au sein de son groupe local. Surtout si on a la chance de tomber sur un enseignant qui nous convienne.

Alors, pourquoi s’embêter à fréquenter les rencontres inter-clubs et autres stages, surtout si cela entraîne quelques kilomètres qui vont se faire sentir à la fin du stage ?

Aller vers les autres

De manière évidente, sortir du dôjô, même métaphoriquement parlant, c’est être amené à travailler avec des gens qui ne nous connaissent pas (et réciproquement). Des physiques différents, des compréhensions diverses, des appréhensions de l’autre variées. Et même un autre lieu, qui change quand même les repères spatiaux, même pris inconsciemment. Rien de tel pour révéler nos défauts techniques et être amené à travailler dessus, à condition de le vouloir. Il est facile pour des pratiquants ayant quelque expérience de rester entre soi ou de faire subir sa technique (aussi bonne pensent-ils qu’elle soit) à son vis-à-vis sans se mettre au niveau du vis-à-vis en question (cf. le billet « Aller vers le débutant »). Rien de tel également pour s’attacher à certains aspects « périphériques » comme l’observation globale et la vigilance (zanshin), pour soi et pour son partenaire, lorsque les conditions s’y prêtent. Avec parfois, en bonus, l’opportunité de « subir la technique » de l’enseignant du moment.

S’ouvrir à la discipline

Le stage,ou l’inter-club, est souvent l’occasion de rencontrer un autre enseignant que le sien. Et même si l’enseignant rencontré fait partie de la même « lignée martiale » (notion qui a son importance en aïkidô), plusieurs points peuvent changer, comme on peut assez facilement le constater :

  • pédagogie
  • panel thématique abordé
  • panel technique abordé
  • principes abordés
  • autres.

La pédagogie d’un enseignant peut paraître ne pas beaucoup changer, si on se restreint au contact, mais doit prendre en compte les modifications évoquées ci-dessus. Une des raisons qui peuvent être évoquées est la modification de la population des élèves, y compris (surtout ?) lors de stages à destination d’une catégorie particulière (thématique « enfants », « débutants », ou « gradés », par exemple). Changer la méthode d’apprentissage, même à la marge, c’est parfois le moyen de débloquer un verrou, de lever une incompréhension.

Le changement pédagogique – ouverture à un enseignement dans un contexte différent de l’habituel – est un des éléments qui permettent cette ouverture, mais pas le seul. Le plus important est sans doute une approche distincte du triptyque thématique/technique/principes qui peut être donnée, par rapport aux cours réguliers que l’on peut généralement suivre. Ainsi, un stage peut être orienté thématiquement (et réservé) sur une pratique par « niveaux » (débutants/gradés, etc.), par « objectif » (passage de grades, etc.), ou encore spécifiquement à mains nues ou arme(s)… Il en est de même pour l’aspect technique ou sur les principes étudiés.

Saisir l’occasion, celle qui se présente rarement

Le stage est parfois également l’occasion de travailler sous la direction d’un pratiquant « en vue », en raison de son très haut niveau et/ou de sa position privilégiée dans une transmission, ou même de plusieurs. On peut citer, parmi de nombreux exemples, les cours dispensés lors du stage du 30e anniversaire de la FFAAA par le Doshu Moriteru Ueshiba, Katsuaki Asai, Christian Tissier ou, pour les enfants, Yoko Okamoto. Dans ces moments, reconnaissons-le, l’intérêt est souvent celui de la participation, la densité sur le tatami pouvant restreindre la pratique.

En conclusion

Aller vers l’autre, ouverture à la discipline, saisir l’opportunité : trois points qui plaident pour cet exercice. Au-delà d’autres considérations (choix des stages, par exemple), ces échanges permettent d’éviter une sclérose de la pratique par l’échange.

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A propos G.

Pratiquant lambda.
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2 commentaires pour En dehors du dôjô : aller en stage (aïkidô)

  1. Olivier Gobert dit :

    Bravo pour votre ouverture d esprit , semez , semez :-). Ol

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