Démonstration : celles de (la) base

En cette période de confinement en France, la pratique des arts martiaux – même si elle reste possible à domicile, dans certaines dimensions – peut se nourrir de l’observation et de la réflexion. L’observation est rendue possible via les archives en ligne que constituent Youtube (on en parlait il y a peu) et consorts, archives qui comprennent souvent les démonstrations publiques d’un nombre incalculable d’écoles. La démonstration est – depuis longtemps – intégrée dans les mœurs comme outil de propagande, qu’elles soient orientales ou occidentales. Avec le duel (qui est beaucoup plus encadré qu’à une certaine époque).

Pour ma part, je suis à peu près convaincu que sur des manifestations dédiées (fêtes locales des sports – et on ne débattra pas du fait qu’un art martial soit ou non un sport – et autres), il vaut mieux être présent qu’absent pour un groupe désireux de promouvoir sa discipline. Une fois cette évidence énoncée, on peut se poser la question sur la démonstration en elle-même. Qui ? Quoi ? Comment ? Comme déjà souligné dans ce blog, à différentes situations, différentes réponses. J’aimerai cependant me pencher un peu sur la démonstration « grand public », celle que l’on peut voir pour un groupe quelconque et non celle portée par (et parfois pour) un expert ou une école/fédération. Celle des « amateurs » (et ce sont les plus nombreuses). Ce d’autant plus que je suis amené en ce moment à monter une vidéo sur le sujet.

Organiser une démonstration dépend à la fois d’un contexte (le festival des arts martiaux de Bercy n’est pas le créneau de la fête des sports d’une petite ville, et d’une envie : que souhaite-t-on montrer ? Dans une démonstration de « bas niveau », et l’expression n’a ici rien de péjorative, à destination d’un public élargi, les deux idées qui se concurrencent sont souvent « montrons ce qu’on sait faire » et « montrons que nous sommes des Guerriers, nous ». La deuxième n’est pas forcément la bonne. D’une part parce que ce n’est pas vrai, dans la très grande majorité des cas, et que d’autre part, le nombre de personnes voulant, dans le fond, en être est relativement faible (c’est un ressenti). Le mieux est donc de partir sur le « montrons ce qu’on sait faire », forcément. Mais montrer ce qu’on sait faire, c’est montrer quoi, exactement ?

Peut-être déjà « simplement » répéter le travail de base, celui de chaque cours, pratiqué à son niveau. Il est inutile de se lancer dans certains exercices que l’on voit une fois tous les trois ans, juste parce qu’ils sont censés être plus complexes, plus virtuoses. Déjà, ça ne se verra pas forcément, et, comme c’est plus compliqué, les occasions de le rater sont plus nombreuses (en « vedette » pour l’aïkido : le taninzu gake ou « randori »). Si on rajoute à ça que les répétitions ne sont pas toujours faciles à mettre en place, on cumule les difficultés inutiles. Montrer ce qu’on sait faire, c’est aussi ne pas cacher son niveau : j’aime beaucoup l’idée, dans ces démonstrations de proximité, de faire participer tous les niveaux d’élèves. Cela mets en valeur l’intégration des nouveaux, le travail en cours des intermédiaires et certains résultats perceptibles chez les plus anciens. Et plein d’autres choses encore. Mais l’exercice n’est pas si simple, au point que certains groupent y forment (au moins a minima).

Les démonstrations de base sont vraiment l’occasion de donner une image de proximité d’une pratique, et d’attirer de nouveaux pratiquants. Donner une image réaliste est sans doute le meilleur moyen d’y parvenir…

 

A propos G.

Pratiquant lambda.
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