Webmestre, art martial et autres : quelques réflexions

« Couverture » du site, en partie.

Il y a presque trois ans, j’ai repris la gestion du site internet d’un club d’aïkido, à la fois d’un point de vue technique (je ne parle pas de l’hébergement proprement dit, mais seulement du site) et, surtout, de contenu. Au-delà de ce pan très intéressant de ma vie, et comme je viens de passer quelques heures à faire une mise à jour/ménage/réparation du dit site, cette position mène à quelques réflexions, dont je vous livre les grandes lignes.  Et non, le site n’est pas encore dans la version que je souhaite atteindre.

La complétude

Pour « faire » un site de club ou d’organisation correct, il convient de ne pas le transformer en une pâtée indigeste de contenus. C’est général, ne touche pas que les arts martiaux, mais les arts martiaux constituent une opportunité pour se noyer dans un verre d’eau. Tout d’abord, que doit contenir un site d’un club martial ? Une liste minimale est de rigueur :

  • l’objet  : quelle(s) pratique(s) ?
  • les informations pratiques (horaires, tarifs, localisation, tenue nécessaire)
  • contact (mail/téléphone)

On peut y ajouter :

  • présentation des enseignants et éventuellement un organigramme de l’association.
  • photos (représentatives de l’association)
  • vidéos (représentatives de l’association)
  • informations supplémentaires sur la pratique (histoire, etc.)
  • liens pertinents (en quantité limitée)

Le principal étant, bien entendu, les trois premiers. On peut encore apporter des choses, mais elles ne sont plus essentielles, ni forcément pertinentes, ni, parfois, techniquement évidentes. Par exemple, ajouter un blog (quel qu’en soit le contenu) n’est pas forcément une valeur ajoutée (sauf si on prend exemple sur celui de l’association Aikido Sangenkai à Honolulu, que je ne peux que vous recommander). Ajouter un calendrier des stages/évènements l’est plus, à condition qu’il soit à jour. Ainsi de suite : on en reparle plus loin.

La simplicité

Elle rejoint la rubrique précédente. Outre le fait de ne mettre que ce qui est essentiel dans un premier temps, utile parfois dans un deuxième temps et réfléchir quant au reste, il est essentiel de ne pas surcharger son site. Que cela soit par une charte inadaptée (le site n’a pas pour objet le e-commerce ou l’information) ou dépassée, ou par des contenus dispersés aux quatre vents.

A ne pas faire.

J’ai conservé pour ma part pour un code couleur basé sur le noir et le blanc du site original, refait les en-têtes (puisque la base graphique et les polices utilisées initialement étaient introuvables dans les archives – ce qu’il faut aussi conserver quelque part), et fait en sorte que pour un texte donné, on ne soit pas sur une abondance d’illustrations. Le noir et blanc de fond permet également une certaine « harmonie » avec toute illustration ajoutée par la suite, qui ne jurera pas au ton. Dans le contenu, très peu de calligraphies japonaises ou même de kanjis, même si le noir et blanc l’évoque, les lecteurs ne sont pas capables de lire le japonais dans leur grande majorité. Les pages qui servent à aiguiller le lecteur vers telle ou telle rubrique (hors menu), sont faites sur la base d’une photo/un lien de renvoi. Toutes ces illustrations sont essentiellement « maison » mais je pars d’une base très riche en interne, ce n’est pas toujours le cas.

Hors de la base évoquée plus haut (à savoir des informations pratico-pratiques), le site possède essentiellement des pages de photos et de vidéos. La première est en fait une entrée vers des sous-pages par thèmes (cours, stages, etc.), la deuxième montre une douzaine de vidéos : celles-ci ne concernent que le club et ses professeurs. Elles permettent de montrer certains aspects de la pratique, et, dans le futur, je ne prévois pas d’ajouts en nombre (tout au plus quelques démonstrations lors d’évènements locaux, une fois les vidéos montées proprement). C’est aussi un choix : quel que soit l’intérêt d’autres enseignants et experts, ce ne sont pas eux qui enseignent au club. Tout simplement.

Les rubriques sur l’histoire de la discipline et ses principes vont être rénovées prochainement : certains relecteurs (merci à A.D. ou au Kohaï, entre autres) m’ont fait part de problèmes mineurs présents. Les liens ? Ceux vers les sites propres des enseignants, de leurs enseignants propres, des fédérations d’affiliation et – exception – vers ce blog. Soit 8 liens, ce qui est déjà presque trop.

Une certaine organisation

En un sens, la recette semble presque figé : un cœur, qui représente les données essentielles, une deuxième couche qui fait le social du club (l’idée que l’on peut se faire), et une troisième, éventuellement sur le « méta », ce qui concerne la discipline et le club, mais dont on peut se passer largement pour débuter. Mais, car il y a des mais, un site internet n’est pas une page Facebook, Instagram ou autre. S’il y a une dimension sociale, comme indiqué plus haut, elle reste figée en quelque sorte, alors que les réseaux sociaux respectent une dynamique de l’instant. Si cette dernière permet à la page Facebook d’un club de commenter rapidement évènements et cours, ou relayer l’actualité autour des disciplines enseignées, le site du club permet de choisir ce que l’on souhaite montrer. Je pense par exemple que les photos d’un repas entre pratiquants ont plus leur place sur la page Facebook que sur le site, mais cela reste un choix « personnel », tout comme je pense que la collection de vidéos de maître Untel est à sa place sur une chaîne Youtube dédiée, ou sur un site dédié.

Par contre, je suis à peu près certain que l’on peut éviter de se ridiculiser volontairement (ou non) en :

  • utilisant des illustrations, textes ou habillages indiquant que votre club est une « formation de commando ». Certaines disciplines en sont très éloignées, et le professeur ne vient pas forcément des forces spéciales.
  • utilisant des illustrations, textes ou habillages laissant penser que vous êtes dans « le dernier samouraï ». Ce n’est déjà pas forcément crédible pour des disciplines japonaises, ça l’est encore moins pour des disciplines chinoises… En plus, le dernier samouraï était français (et s’appelait Jules Brunet). Ça marche aussi avec les moines Shaolin, les Spetnaz russes ou même les Chevaliers de la Table Ronde.
  • utilisant des illustrations, textes ou habillages transformant votre club est un hôte régulier du gala de Bercy. C’est rarement le cas. En tout cas pas tous les élèves…
  • relayant les diatribes de maître Truc contre les traîtres d’en face.
  • etc.

Ceci étant, il ne faut pas non plus oublier quelle est la « cible » que l’on vise, et surtout quelle est la discipline que l’on présente.

J’ai beaucoup plus de mansuétude sur les difficultés réellement techniques : sans être professionnel, il est parfois très difficile de trouver une solution ad-hoc pour ce qu’on veut faire, compatible avec le reste (et oui, pourquoi faire simple), et pas trop chère, même quand on a déjà beaucoup d’aide. Même en y passant des heures. Parfois, il faut beaucoup d’huile de coude métaphorique. Si vous vous lancez dans la création d’un site pour votre club, n’hésitez pas à tester plusieurs solutions techniques. Il y en a même des « gratuites » qui suffiront pour ce que vous souhaitez faire.

Dernière chose : la loi existe, et ce qui est sur internet n’est pas hors de son champ d’application. Il est ainsi parfois nécessaire de faire certaines mentions légales, suite à des changements réglementaires. Veillez à ce qu’elles soient facilement accessibles, et qu’elles caractérisent bien le cadre dans lequel vous évoluez. De même, n’oubliez pas le droit à l’image (pour les autorisations ad hoc). Pour ce dernier point, je préfère éviter – même si le club à les autorisations nécessaires de la part des représentants légaux – de publier des photos de mineurs, ou au minimum en floutant les visages par des traitements d’images en amont. Le tout sans même parler de propriété intellectuelle…

 

 

A propos G.

Pratiquant lambda.
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