Hall of fame, hall of shame

Exemple de logo de « Hall of Fame » américain.

L’une des choses qui me rend le plus perplexe chez certains pays ou milieux des arts martiaux ou disciplines martiales est l’existence des « Hall of fame » (ailleurs aussi, mais la thématique du blog est ce qu’elle est), ou, en bon français, temples de la renommée ou panthéons. Le phénomène est (évidemment, allais-je écrire) apparemment essentiellement nord-américain (il m’a été « rappelé » par des publications canadiennes dans des pages Facebook dédiées), et vise à la promotion, sur un rythme annuel ou non, de personnalités diverses, à titres tout aussi divers. Qu’en penser ?

Qu’est-ce, déjà ? De prime abord, le phénomène est proche, si ce n’est identique, aux non moins fameuses « sociétés/conseils de Soke et grands-maîtres » (au sens large) dont je parlais au détour d’anciens billets, et s’ils en émanent très souvent, ce n’est pas une règle. Le principe de base ? Le même que celui des dites sociétés : réunir un nombre important de « pointures » des arts martiaux. Pour ? Officiellement, assurer la promotion des disciplines martiales réunies en donnant une exposition à tel ou tel pratiquant « méritant » par ses capacités et/ou son implication. Le plus ? Souvent avoir une existence physique, au sens de bâtiment avec photos et plaques de commémoration. On peut cependant logiquement se poser la question du pourquoi ? Au sein des communautés martiales, les réputations se font (comme ailleurs) sur différents critères, et, même s’il est souvent utile d’être appuyé par une (ou plusieurs) organisation(s), ce n’est ni une nécessité, ni une assurance. Se faire connaître est relativement facile (à l’heure actuelle), se faire estimer l’est beaucoup moins. Les « hall of fame » se révèlent être des outils pour acquérir cette estime.

Bill Wallace, incontestable célébrité des sports de combat, régulièrement nommé dans les Hall of Fame.

Dans le cadre d’une école ou d’une fédération quelconque, on peut supposer que l’accès (par exemple) à des hauts grades ou à une charge d’enseignement/diffusion est une marque de confiance, voire de distinction (primus inter pares, en quelque sorte). De quoi aussi envoyer un message vers l’extérieur, donc. Le système est critiquable (et critiqué), mais, normalement, il y a quelques gardes-fous. On remarque que la démarche des halls est souvent la même : nommer des personnalités reconnues (à divers titres) et dans le même temps, des « moins connues » (voire beaucoup moins, voire… pas du tout). Le mieux étant de nommer – d’abord – des disparus puis d’annoncer que les entrées des années suivantes sont des cooptations par les membres en place (oui, mais il faut bien amorcer la pompe à un moment). C’est un peu l' »arnaque du bijoutier » : faire passer de la camelote dans un lot de diamants bien réels… De fait, les seuls qui ont besoin d’un panthéon ne sont pas ceux dont la réputation est indiscutable.

En fait, en dehors de la promotion, et d’une flatterie de l’égo, l’utilité des panthéons n’est pas criante, c’est le moins que l’on puisse dire…

A propos G.

Pratiquant lambda.
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