Regard sur la pratique : enquête sur l’aïkidô en France – les résultats

Il y a quelques semaines, le blog Paresse martiale ouvrait un sondage sur l’aïkidô en France et sa pratique, afin de pouvoir un peu plus explorer la diversité des écoles représentant la discipline. Le sondage ayant été fermé, il est grand temps de proposer quelques uns des résultats obtenus dans cette enquête.

De manière globale…

Avant d’en venir au descriptif, il faut apporter quelques précisions. Le sondage a pu recueillir un nombre appréciable de réponses : 290. Cependant, il convient de préciser d’ores et déjà que l’ensemble est non représentatif, pour plusieurs raisons, dont la diffusion restreinte de son existence (et on remercie ceux qui l’ont relayé à leur échelle). Plusieurs entrées sont aberrantes (de douteuses à très clairement fantaisistes), ce qui conduit à devoir « nettoyer » les données, et donc en perdre, et certaines questions s’avèrent après coup être ambigües, conduisant là encore à des réponses peu précises. Au final, seules 269 réponses sont a priori exploitables (92,7 %). Une fois ce quelques précautions annoncées, voici les grands résultats.

Répartition selon les groupes de pratique des sondés.

Le premier d’entre eux – peut-être le plus attendu – est la répartition dans les différents groupes : comme on pouvait s’y attendre, le duo FFAAA+FFAB est très largement majoritaire dans les réponses exploitables (78,1 %). On notera que contrairement à la répartition constatée à partir des chiffres ministériels et des projections que l’on peut en faire, la FFAB est plus représentée parmi les sondés que dans la population totale des licenciés. Et bien sûr, que 21,9 % des répondants n’appartiennent ni à l’une, ni à l’autre des fédérations agréées. Bien que les extrapolations puissent être hasardeuses, surtout sur des échantillons de sondés aussi réduits, on peut toutefois noter que cette proportion est non négligeable ici.

Pratiquants, pratiquantes

Répartition en âge et sexe de l’échantillon sondé.

Ce sondage a aussi permis de déterminer que l’échantillon sondé se comportait (globalement) de la même manière que constaté par les chiffres ministériels évoqués ci-dessus, ce qui, au vu du poids de la FFAAA et de la FFAB dans l’échantillon, n’est guère étonnant. Il n’est guère étonnant non plus de constater (à l’échelle de l’échantillon) que certains groupes présentent une moyenne d’âge plus ou moins élevée : ainsi, l’échantillon déclarant appartenir au Kishinkaï ou à l’école Tsuda semble plus « jeune » que le groupe constitué de la FFAAA et des groupes FFAB. Par contre, la répartition par sexes de l’échantillon est en-dessous du comportement constaté dans les chiffres ministériels (seulement 17 % de femmes ici, alors qu’elles atteignaient 29 % des licenciées FFAAA+FFAB en 2017). Bien entendu, pas d’extrapolation possible sur un échantillon aussi resserré.  L’âge de début, est en moyenne de 28 ans, âge plutôt tardif.

Temps de pratique (nombre de pratiquants de l’échantillon par tranche de temps).

D’autres données ont pu être compilées lors de ce sondage. Ainsi, le temps de pratique (par nombre d’années, dans un premier temps) dans l’échantillon : c’est une donnée que j’aurais aimé pouvoir avoir sur les fédérations agréées par l’État en France. On remarque sur cette répartition que la moitié de l’échantillon pratique depuis moins de 10 ans. Pour l’échantillon consulté, l’aïkidô n’est pas une discipline qu’on abandonne facilement, mais le contingent de grands débutants est plutôt faible. Si l’on regarde un peu plus précisément le temps de pratique hebdomadaire, la moyenne de l’échantillon est de l’ordre de 3,5 heures par semaine (cours et stages compris, avec une moyenne de 5 participations à des stages et interclubs), ce qui est peu ou prou équivalent à deux cours/semaine. Et l’ouverture ? Importante pour les sondés, puisque 65 % d’entre eux pratiquent parfois hors de leurs groupes d’appartenance.

Dans le dôjô

Le sondé moyen est (lorsqu’il évolue dans un système de grades dan) en moyenne 1er dan, obtenu en moyenne à 34 ans après une seule tentative auprès de l’UFA, et enseigne au moins occasionnellement (seuls 27 % sont enseignants réguliers, auquel on peut ajouter 25 % d’enseignants occasionnels). Il est intéressant de noter que 43 % de l’échantillon a déjà une expérience d’enseignement hors du cadre aîkidô, proportion plus importante encore chez les enseignants réguliers (58 %). Le dôjô (principal) qu’il fréquente n’est pas son premier (60 %) et n’est pas non plus exclusif (60 % ont au moins un autre lieu de pratique).

Du côté de l’environnement de pratique – décrit pour chaque sondé, les « clubs » sont plutôt petits (en dessous de 25 pratiquants pour la moitié d’entre eux, de 50 pour 80 %), plutôt implantés (plus de la moitié ayant plus de 15 ans d’existence quand leur âge est connu) et presque les deux tiers ont une section « enfants ou adolescents ». Les sections « seniors » ne sont pour le moment pas courantes (moins de 10 %). La proportion moyenne déclarée de femmes avoisine les 20 %, ce qui est plutôt en dessous des chiffres cités ci-dessus, alors que celle des débutants est en moyenne de 22 %, identique à celles des gradés (shôdan et plus). Ces clubs possèdent pour plus de la moitié un ou deux enseignants, avec dans la grand majorité des cas la présence d’un enseignant titulaire d’un diplôme d’état (60 %), moins de 6 % des cas étant des enseignants sans aucun diplôme.

En conclusion

Si certaines données n’ont pas été exploitées ici (en raison souvent d’un problème de définition de la question ou des réponses imposées), ce sondage a permis de faire émerger quelques lignes du portrait du pratiquant moyen d’aïkidô en France. Elles présentent, puisque l’échantillon est restreint, quelques biais, mais sont des pistes intéressantes pour des études plus structurées et largement diffusées…

Quoiqu’il en soit, que les personnes ayant consacré de leur temps à répondre aux questions soient remerciées pour cet effort, et pour avoir permis d’aider justement à une meilleure connaissance « sociologique » de l’aïkidô français.

 

 

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A propos G.

Pratiquant lambda.
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