Disparition de Jon Bluming

Jon Bluming (à gauche) et Mas Oyama (à droite).

Il y a quelques jours, les amateurs d’arts martiaux et de leurs histoires ont appris le décès d’un des grands noms européens des arts martiaux, Jon Bluming, le 17 décembre dernier. Jon Bluming fut, avec Anton Geesink, l’une des figures majeurs des arts martiaux néerlandais modernes, et l’un des pionniers du jûdô (il en fut 9e dan) et du karaté (kyokushin, 10e dan) en Europe.

Né le 6 février 1933 à Amsterdam, Jon Bluming rencontra les arts martiaux japonais (lors d’une démonstration de Kyuzo Mifune en mars 1953) lors d’un séjour de convalescence à Tôkyô imposé par une blessure reçue lors de la Guerre de Corée à laquelle il participait avec les troupes néerlandaises. De retour aux Pays-Bas (il avait entretemps essayé le Taekkyon coréen), il apprit rapidement le jûdô : il reçut son premier dan en trois ans, puis pris la tête de l’équipe nationale en 1957 qui remporta les championnats d’Europe peu de temps après. Il fut nommé 3e dan dans la foulée après avoir battu 75 combattants d’affilée. En 1958, il revint à Tôkyô pour compléter son entraînement en judô : il y vécut et s’entraîna avec les célèbres Donn F. Draeger et Robert W. Smith, et en profita pour ouvrir son panel martial, en se tournant notamment vers le karaté (d’abord shôtôkan puis kyokushin). De retour aux Pays-Bas, il participe aux championnats du monde de jûdô de 1961 à Paris… et se brouille avec Anton Geesink (premier champion du monde de jûdô non japonais en 1961, futur 10e dan).

En 1965, Jon Bluming fut nommé 6e dan de l’école kyokushin par son fondateur, Mas Ōyama. Premier occidental atteignant ce niveau au sein de l’école, et sans doute l’un des premiers occidentaux à se voir décerner un tel grade par des Japonais, sa nomination fit polémique. A cette occasion, Mas Ōyama indiqua qu’il avait une confiance telle dans les capacités de Jon Bluming qu’il lui retirerait son grade et quitterait le monde du karaté si ce dernier était battu sur un ring. Promesse qu’il doubla d’une récompense. Seul un combattant coréen, Kwan Mo Gun, releva le défi… et perdit par K.O. Bien que proche de Mas Ōyama, il s’en éloigna pour des divergences politiques, allant jusqu’à fonder sa propre organisation, la Kyokushin Budokai. Il fut néanmoins promu 9e dan en 1989 par Mas Ōyama, puis après la mort de ce dernier, 10e dan en 1994 décerné par Kenji Kurosaki.

Il obtint également un 10e dan en hapkido décerné en 2010 par la Fédération de MMA de Corée du Sud.

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Pratiquant lambda.
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