Yashima : écrire sur les légendes martiales – impression rapide

Yagyû Jubei. Illustration de Samurai Shodown Sen par Senri Kita. Tous droits réservés.

Ça y est, l’aventure Yashima commence et comme j’ai pu l’écrire, je suis chargé d’animer la rubrique « légendes martiales ». Il s’agit à la fois d’une tâche intéressante – bien entendu, sinon quel intérêt ? – mais aussi et surtout d’une tâche surprenante par ce qu’on en apprend et perçoit. Écrire sur un personnage historique japonais, une légende martiale, nécessite d’aller au-delà de la collecte de documents (ce qui n’est pas forcément simple) et de croiser un nombre variable de données. Un travail d’historien amateur, certes, mais qui reste à la fois passionnant et exigeant.

On se dit souvent que plus le personnage est ancien, plus le récit est flou. C’est une possibilité et non une vérité absolue. Ainsi, si vous avez déjà lu mon article sur Yagyû Jubee (ou Jubei, suivant la transcription), vous avez pu constater que j’indique que le personnage, bien qu’appartenant à la famille Yagyû et proche des premiers shôgun Tokugawa, fut très peu décrit par les archives officielles de l’époque ou familiales. Si vous n’avez pas lu cet article, je vous conseille fortement d’aller chercher le magazine chez le plus proche marchand de journaux. Pour en revenir à Yagyû Jubei, c’est ce vide documentaire qui constitue un paradoxe familial et historique pour un personnage haut placé comme lui. Mais les personnalités les plus contemporaines ne sont pas forcément les plus simples à présenter…

Des récits contradictoires sont proposés, où, pour les sources les plus discutables (mais on ne le voit qu’après coup) la simple chronologie vérifiable des « grands faits » est contredite : j’ai pu ainsi lire qu’un pratiquant était décrit comme un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale… alors qu’il est mort avant qu’elle ne commence. Afin de « servir » une théorie, un propos, une suprématie d’école, ou un combler un vide, ou par simple inattention, l’histoire des uns est embellie, celle des autres ternie, en embellissant voire inventant un fait. La pratique est courante, même encore actuellement (ça reste du domaine de la « communication »). Pour l’amateur d’arts martiaux et de leur histoire que je suis, cela constitue, avec les contextes historique (local ou général) et géographique, plusieurs niveaux d’approches d’un personnage : quelle impression a-t-il donnée à ses contemporains, à ses enseignants ou ses condisciples ? Qu’a-t-il apporté à son école ? Comment se percevait-il lui-même ? Quelles traces techniques a-t-il laissées ?

Avec quelques indispensables précautions d’écriture et de recherche, je vous retranscrirai ce que je pense être le récit le plus plausible de la vie d’une personnalité martiale, en soulignant autant que possible ce qui en fait l’intérêt, voire ce qui la rend exemplaire pour des pratiquants de sa discipline ou de tout horizon. En espérant répondre au mieux à l’exigence qu’est en droit de manifester le lectorat de Yashima !

 

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A propos G.

Pratiquant lambda.
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Un commentaire pour Yashima : écrire sur les légendes martiales – impression rapide

  1. Superbe, bel article, j’en lirai d’autre et ai hâte de découvrir ce magasine.

    Un autre pratiquant et auteur.

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