Plonger dans l’histoire du Japon, pratiquer l’école Yagyû Shingan

S’il est assez facile, en règle générale, de trouver des écoles d’arts martiaux « modernes » à proximité immédiate de chez soi, il est moins évident de rencontrer même des pratiquants d’écoles historiques (et assez fermées). C’est avec l’école Yagyû Shingan que nous avons justement rendez-vous aujourd’hui, grâce à Stéphane, l’un de ses pratiquants.

Technique de sabre particulière au Yagyû shingan ryû.

[Paresse martiale] Bonjour Stéphane, merci d’avoir accepté de jouer le jeu des entrevues du blog. Pourrais-tu, tout d’abord, te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour, je m’appelle Stéphane et je fais des arts martiaux depuis mon tout jeune âge. J’ai commencé le jûdô à 7 ans et j’en ai fait une douzaine d’années. Au cours de ma période jûdô j’ai également pratiqué le ju-jitsu de la FFJDA (le « ju-jitsu moderne français ») en club et aussi fait quelques stages.

Vers la fin de ma période jûdô je me suis mis au ninjutsu avec la Fédération Française de nin-jutsu (FFNJ) au sein de laquelle je suis resté 18 ans. J’étais attiré par l’idée des ninja et aussi, plus tard, par le feuilleton « L’Homme au Katana » (« The Master »). Fin 1993, j’ai eu une première vision du Yagyû Shingan de Shimazu sensei après le retour d’un instructeur de la FFNJ du Japon où il avait été introduit au sein de l’école. En novembre 1994, Shimazu sensei est invité en France pour la première fois et je participe à son stage. Dans un premier temps j’ai continué le ninjutsu avec le Yagyû Shingan en parallèle (j’ai également participé à tous les stages de Shimazu sensei en France). Puis, début 2007, j’ai pris mon indépendance. Je me suis donc entrainé seul à partir de ce que je connaissais puis, après une reprise de contact au travers de mes connaissances en Suisse, Suède et Australie, Shimazu sensei a accepté que je vienne le voir au Japon en 2008 et m’a invité à faire le voyage annuel qu’il effectue dans le Tohoku1 avec lui. Depuis j’étudie exclusivement le Yagyû Shingan ryû (YSR) pour lequel je suis officiellement rattaché au dôjô suisse, même si j’habite en banlieue parisienne.

[P.M.] L’école Yagyû Shingan est une « vieille » école japonaise d’arts martiaux. Pourrais-tu la présenter dans les grandes lignes (et aussi dans les petites) ? Qu’est-ce qui la caractérise par rapport à d’autres écoles que tu connais ?

Monument représentant Date Masamune au château de Sendai.

Dans les grandes lignes d’abord. Pour comprendre le YSR il faut d’abord connaitre son historique. L’école a été fondée au début de l’époque Edo (XVIIe), alors que le Japon venait tout juste d’être unifié par le Shôgun Tokugawa. À l’origine il y avait le Shingan ryû de Takenaga Hayato dans la région de Sendai (Nord du Japon). Hayato était avant tout un grand pratiquant de sabre mais ne se trouvait pas assez bon et se demandait sans cesse comment s’améliorer. Il avait entendu parler de Yagyû Tajima no Kami, choisi comme l’un des deux maîtres d’armes du Shôgun Tokugawa.

Probablement grâce aux bonnes relations entre Date Masamune, seigneur de Sendai, et Yagyû Tajima no Kami, il se rendit auprès de ce dernier où il fut engagé comme serviteur au plus bas niveau.

La journée il s’occupait de tâches subalternes mais il en profitait également pour observer les élèves s’entraîner avant de s’entraîner lui-même. Au bout d’un moment on rapporta aux oreilles de Tajima que l’un des serviteurs était adepte de sabre et il le convoqua. Tajima se rendit vite compte que Hayato était un sabreur de valeur et lui enseigna des techniques de très haut niveau2. Au moment de partir Yagyû Tajima no Kami ordonna à Hayato de mettre le nom Yagyû devant le nom de son école.

Ce fut l’unique fois qu’un tel privilège fut accordé par la famille Yagyû. Lorsque Hayato rentra chez lui, il enseigna à cinquante-cinq bushi  qui formèrent une sorte de police secrète pour protéger (comme gardes du corps) Date Masamune. Il existe encore aujourd’hui un lieu-dit intitulé « Les 55 (personnes) » dans la région de Sendai qui rappelle l’endroit où ils étaient rassemblés.

Panneau indiquant le lieu-dit des « 55 (personnes) » (via Google Street).

Le YSR continua de se développer et, trois générations plus tard (milieu du XVIIIe), Koyama Samon fut le créateur de la première division du style. En effet, jusque là le YSR était basé sur les armes et des kata (« kajo ») qui pouvaient se faire en armure (on parle de techniques kobuchi, « poings fermés » car on ne pouvait pas vraiment saisir les armures avec les mains). Il alla s’installer à Tôkyô (Edo) et y développa des techniques de yawara (jûjutsu) adaptées aux vêtements de ville (à la fois au sol et debout). Il y resta 18 ans avant de rentrer dans son pays natal. De là deux courants parallèles continuèrent leur route : le courant du Nord (Sendai) et celui d’Edo qui déménagea ensuite à Osaka (région du Kansai). Le premier courant arriva jusqu’à la famille Hoshi avec Hoshi Teikichi (fin XIXe) qui enseigna notamment à Sato Kinbei. De là une autre « branche » fut créée par un dénommé Kano Keikichi qui était censé reprendre la suite mais dû repartir à cause de problèmes familiaux. Le fils de Teikichi reprit la tête de l’école et la transmission se fit jusqu’à Hoshi Kunio puis son fils Hoshi Kunio II en 2007. Kano Keikichi, quant à lui, transmit son enseignement à Aizawa Tomio (Tôkyô).

Concernant la branche du Kansai, elle se scinda également en deux ou trois branches dont l’une arriva à la famille Yorifuji (à Kobe) puis à Aizawa Tomio (le même que précédemment) et l’autre à Hoshino Tenchi (à Tôkyô) jusqu’à Muto Masao (mort en 2001) puis Kajitsuka Yasushi (grand maître actuel de cette branche).

Kenji Shimazu.

Aizawa Tomio, qui avait réuni les deux branches principales du YSR, transmit par la suite ses connaissances à Shimazu sensei. À la mort de son maître et avec une lettre de recommandation de ce dernier, il alla apprendre auprès de Hoshi Kunio (I) et fonda son propre courant (Chikuôsha) qu’il vient de transmettre à Tada sensei.

Le YSR (Chikuôsha) resta enseigné uniquement au Japon jusqu’à la fin des années 80 où des Australiens furent autorisés à assister au cours. Ensuite vinrent les Français, puis les Suédois et les Russes. Désormais il y a plusieurs dojos en dehors du Japon : Australie, France, Suède, Suisse et Russie. Les autres branches ne sont pas en reste avec des pratiquants en Angleterre, Allemagne, Russie, USA, Canada, Ukraine, …

Par rapport aux autres écoles, le YSR est avant tout une « Otome ryû » (« qui coule mais reste à demeure »), à savoir elle se transmet et continue de vivre et d’évoluer sur place mais ne s’exporte pas complètement à l’extérieur. Elle est restée longtemps très « discrète ». Des élèves avancés de YSR me disaient également que, contrairement aux autres écoles, le YSR était resté très « violent » dans le sens où l’on tue ses adversaires plutôt que de chercher à les maitriser… De même qu’il y a peu de techniques pour protéger sa propre vie : en tant que garde du corps on acceptait de donner sa vie pour prendre celle de l’autre.

Arbre généalogique (simplifié) du Yagyû Shingan ryû.

Au final il y a quelques différences entre les différentes branches de YSR. Tout d’abord dans les deux « familles » de YSR, entre celles du « Sud » spécialisées en combat sans armure et surnommées tai-jutsu et celles du Nord appelées heihô (stratégie militaire) qui travaillent plus sur les renforcements et la structure du corps avec des techniques clairement basées sur le travail en armure. Ensuite, au sein même des branches d’une même « lignée », il y a également des différences dans les techniques, soit parce que tout n’a pas été complètement retransmis (ce qui ne les a pas empêché de développer de nouvelles techniques à partir de ce qu’ils avaient), soit parce que les techniques ont changé pour différentes raisons liées aux contextes locaux. Il y a même une histoire qui raconte que, il y a quelques dizaines d’années, un groupe de pratiquants du YSR est allé à un stage organisé par Takeda Sôkaku. À leur retour, ils ont ajouté des techniques au curriculum de l’école. Non pas les techniques de Takeda Sôkaku, mais des techniques pour les contrer ! Au final, lors des différentes démonstrations de vieilles écoles au Japon, c’est souvent 3-4 courants de YSR qui sont représentés.

[P.M.] L’école Yagyû Shingan possède plusieurs dimensions (combat à mains nues, armé, …). Quelles sont tes « préférences » ?

J’aime… tout en fait ! Mais il est vrai que j’ai quelques préférences pour les techniques à mains nues et le sabre. Concernant le yawara3, il y a énormément de principes différents que l’on peut appliquer partout dont les techniques poings fermés (pour tenir sans « saisir » avec les mains), en relation avec le koppôjutsu (utilisation des os), et même des techniques utilisant la peau, … J’aimerais aussi beaucoup étudier les techniques mutô-dori (à main nue contre sabre) qui font partie des techniques de l’école les plus avancées et aussi le bâton pour lequel il existe plusieurs kata. Les techniques concernant les  armes un peu « spéciales » (jin-gama, naginata, hajiki-bô, …) sont assez « simples » et pas très nombreuses mais peuvent également être intéressantes.  Ce qui est rarement spécifié concernant le YSR c’est qu’il y a également une partie soins. Contrairement à ce qui se dit dans d’autres écoles, ici la phrase d’usage est : « si je peux tuer, je peux soigner » ! Les anciens Japonais décomposaient le corps humain en plusieurs couches : 1 – les os, 2 – les muscles et les tendons, 3 – la peau et 4 – les méridiens. En YSR on travaille sur les 3 premières et des techniques de soin et de yawara existent sur ces couches (chaque principe martial possède son pendant en soin).

 

[P.M.] Qu’est-ce qui t’a conduit à intégrer cette voie martiale, très peu représentée même au Japon ?

La recherche d’un jûjutsu plus « authentique ». Le ju-jitsu pratiqué au sein de la FFJDA  a été complètement recréé à partir de techniques de judo, karaté et aïkido. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas intéressant, mais les techniques de jûjutsu/yawara originelles étaient basées sur des principes bien spécifiques et ont été « polies » par des siècles de combats. Elles sont basées sur l’observation et l’étude du corps humain (de l’agresseur pour trouver ses points faible et de l’agressé pour se renforcer). J’avais déjà fait un premier pas avec le ninjutsu. Je dois avouer que je n’étais pas totalement convaincu par ce que j’avais vu du YSR la première fois. Je trouvais les kata bizarres et je me demandais à quoi cela pouvait servir. Ensuite j’ai rencontré Shimazu sensei et avec quelques applications (il est une encyclopédie vivante des arts martiaux à lui tout seul), tout est devenu plus clair. Par exemple les kata sont comme des livres de techniques utilisées pour la transmission : chaque élément de kata est une technique à part entière et on retrouve les éléments des kata dans les techniques de yawara ensuite. D’autre part son courant (« Chukuôsha ») a ressemblé plusieurs branches du YSR ce qui le rend très complet avec des techniques et une façon de faire qui ont parfois disparu des autres branches.

[P.M.] Comment se passe ta formation « continue » ? En particulier comment t’organises-tu pour étudier auprès de maître Shimazu ?

Entre 1994 et 2007 j’ai fait tous les stages de YSR lorsque Shimazu sensei se déplaçait en France et j’ai même été au Japon en 1998. J’étais assez insatisfait car on ne travaillait pas assez le YSR à mon goût.

À partir de 2008 et jusque 2014, dernier stage de Shimazu sensei en Europe, j’ai commencé à suivre également des stages en Suède et je l’ai suivi dans tous ses déplacements en Suède, Suisse et même une fois en Australie. Je me suis également déplacé au Japon en 2009 et 2013 où j’ai fait deux fois le voyage dans le Tohoku, aux sources du YSR.

Depuis 2015, pour ma formation je vais de temps en temps en Suède pour certains stages organisés par Per Eriksson sensei (responsable suédois) ainsi qu’en Suisse pour donner des cours. Je retourne régulièrement au Japon (j’essaye même d’y aller 2 fois par an maintenant) où je partage en partie la vie de Shimazu sensei, même s’il s’est officiellement retiré de l’enseignement des arts martiaux. Parfois le soir je suis les cours avec ses élèves avancés. Je vais même au cours enfants du samedi matin !

[P.M.] Cette question est liée à la précédente, en quelque sorte. Qu’est ce qui peut « nourrir » ta pratique, en dehors des échanges avec d’autres pratiquants de l’école ?

Koppôjutsu.

En Yagyû Shingan on pratique tout le temps. Chaque instant est une pratique, chaque posture est une garde, même les saluts. Shimazu sensei disait de se tenir toujours prêt. Dès que l’on croise quelqu’un, on doit avoir déjà pensé à comment le terrasser, même si rien ne doit l’en laisser paraître.

Il y a également des principes particuliers que l’on peut utiliser dans tous les moments de la vie courante. Shimazu sensei disait qu’il ne faut pas perdre ce que l’on a acquis pendant l’entrainement en marchant d’une mauvaise façon en dehors. Pour ma part j’utilise même des techniques de koppôjutsu pour le guidage de mes partenaires de salsa !

[P.M.] Comme indiqué plus haut, le Yagyû Shingan est une école peu répandue. Est-ce que tu t’inscris dans une optique de diffusion large ou préfères-tu rester en comité restreint ? Et pourquoi ?

Aizawa Tomio (maître de Shimazu sensei) lui avait dit de ne prendre qu’un seul élève et de tout lui enseigner ! Shimazu sensei a pris sur lui de changer un peu cette pratique afin que son art ait plus de chance de perdurer. Dans un premier temps je préfère rester en comité restreint pour éviter de trop me disperser. L’idée est de former un « noyau dur » et ensuite de pouvoir diffuser plus largement l’enseignement (et demander l’accès à une salle municipale à une mairie par exemple). Pour se faire et rester indépendant, lorsque j’ai déménagé en banlieue parisienne il y a deux ans, la première chose que j’ai faite chez moi ça a été mon propre dojo !

[P.M.] Et comment vois-tu le Yagyû Shingan en France dans l’avenir (proche) ?

De nos jours, le public est plus intéressé par les sports de combat « modernes » et moins par les arts martiaux traditionnels qui semblent dévolus à une poignée de passionnés. Cependant j’espère pouvoir transmettre mes connaissances pour que le Yagyû Shingan puisse perdurer non seulement au Japon mais également en Europe.

[P.M.] Nous arrivons quasiment à la fin de cette entrevue. Je finis, en général, en posant deux questions. La première est : quel est ton meilleur souvenir de pratique ?

Il y en a beaucoup ! Mes meilleurs souvenirs sont souvent des moments de vie où l’on apprécie les contacts humains entre pratiquants plutôt que des chalenges techniques. Quelques semaines après que je sois retourné voir Shimazu sensei pour me « ré-inscrire » chez lui au Japon, je le rencontrais à nouveau pour un stage en Suède. À ce moment-là sa traductrice a pu me dire qu’il avait attendu avec impatience que je revienne vers lui et qu’il était vraiment très heureux que je veuille pratiquer « son » Yagyû Shingan malgré la distance et quelques difficultés. Il y a eu aussi cette semaine de stage en Australie où j’ai passé la semaine à servir de traducteur entre Shimazu sensei et les pratiquants australiens tout en baragouinant quelques mots de japonais et avec beaucoup de difficultés parfois pour comprendre les pratiquants du bush ! Enfin, dans des souvenirs plus récents, lorsque j’ai dû faire faire ma tenue de cérémonie et que Shimazu sensei m’a demandé si cela me plairait d’avoir le même kamon (blason) que lui (ce que j’ai accepté bien entendu !).

[P.M.] La seconde est de savoir ce que tu aimerais transmettre au lecteur ?

L’idée est de leur faire prendre conscience que les koryû sont des richesses qu’il faut absolument préserver. D’un point de vue culturel mais aussi en tant que compilation de connaissances sur l’être humain (physiologie, comportement, …). Et aussi, d’être toujours vigilant sur les informations que l’on peut trouver sur l’Internet (même si c’est très pratique). En effet, entre les fausses informations, celles qui étaient vraies en fonction des connaissances à une époque mais devenues obsolètes, et celles que l’on pense juste car on retrouve la même info partout alors qu’il n’y a qu’une seule origine qui a été recopiée, il est très difficile de s’y retrouver. Shimazu sensei me disait à ce propos qu’à son époque il n’y avait pas d’Internet. Pour avoir des informations il prenait son vélo et partait sur les routes pour aller dans des villages consulter les documents originaux !

 [P.M.] Merci beaucoup pour le temps que tu as passé à répondre à ces questions et à nous parler de ton école.

Je t’en prie ce fut un plaisir.

Notes

1. Région de Sendai, berceau du Yagyû shingan ryû.
2. D’après Shimazu sensei, Yagyû Tajima no Kami n’enseigna pas le Shinkage ryu à Takenaga Hayato car l’enseignement de ce dernier était réservé aux daimyo. Par contre il lui enseigna les techniques du clan Yagyû (celles que Tajima pratiquait avant de créer le Shinkage-ryu), afin, d’une part, de les préserver, et d’autre part de protéger son ami Masamune.
3. Ancienne façon de dire et lire les kanji pour « jûjutsu ».

Je remercie bien évidemment Stéphane pour sa disponibilité et pour la passion qui transparaît de son interview. N’hésitez pas à le contacter via le site de son association, Iga Kuri, ou directement via son contact dédié. Vous pourrez également visiter le site du dôjô auquel il est attaché ici.

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A propos G.

Pratiquant lambda.
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