Éduquer pour recevoir la technique

Démonstration de capoeira par le groupe Senzala d'Évry pendant le Master de fleuret 2013 à Dammarie-les-lys, France. Photo de Marie-Lan Nguyen, sous licence Creative Commons Attribution 2.5 Generic.

Démonstration de capoeira par le groupe Senzala d’Évry pendant le Master de fleuret 2013 à Dammarie-les-lys, France. Photo de Marie-Lan Nguyen, sous licence Creative Commons Attribution 2.5 Generic.

Quelque soit la discipline ou l’école martiale (si l’on reste dans un cadre de pratique avec au moins un partenaire), il semble peu concevable de pratiquer avec une ou plusieurs personnes sans un minimum de préparation au cadre d’évolution. C’est ce dernier qui fait souvent friction lorsque l’on débat de la réalité martiale de telle ou telle école, sans qu’il soit question du rôle fondamental du partenaire, qui est dans tous les cas de servir la progression.

Format

Quoiqu’il en soit, ce rôle fondamental impose que ce partenaire (et quelle que soit sa désignation dans l’art) soit – effectivement – capable de « recevoir » la technique sans trop de dommages pour lui-même. Et c’est une éducation à l’intérieur même de la discipline qui peut être mise en place à cette fin, que certains peuvent, parfois à juste titre et souvent sans le vouloir, qualifient de formatage. Qu’est-ce que le formatage ? C’est l’action de prédisposer à reconnaître certains signaux et non d’autres, et les interpréter de façon prédéfinie (la définition est informatique, mais très aisément généralisable). C’est très exactement ce qu’il se passe dans l’apprentissage de formes (kata, tao lu, etc.) à deux ou plus : il se constitue un échange dans lequel une action amorce un enchaînement spécifique, qui intègre ou non des éléments externes (composantes culturelles ou autres) aux seuls protagonistes, et qui fait partie intégrante de l’apprentissage de la méthode.

Pré-requis (?)

Recevoir les outils pour commencer sans danger (relatif) à pratiquer et les assimiler rapidement est un passage obligé pour le débutant. On peut noter que cet impératif va bien au-delà des seuls arts martiaux et sports de combat, en particulier dans les sports dit « à risques » (voire à risque « absolu », comme le parachutisme ou la plongée sous-marine). Dans les arts martiaux, le pratiquant, dès ses débuts, aura pour objectifs (selon les attentes de la discipline, et sans exhaustive) de :

  • appréhender la chute.
  • éviter l’impact par le déplacement.
  • soulager l’articulation, et plus largement le corps, de la contrainte.
  • interposer un obstacle pour protéger un point « sensible ».

Les modalités de l’apprentissage diffèrent également selon les disciplines, les époques et les enseignants. Par exemple, dans les gendaï budô (voies martiales japonais modernes), sont apparues au fil du temps des apprentissages des ukemi, qui n’étaient pas forcément présents chez leurs antécédents, où ils se faisaient « sur le tas ».

Recevoir et appliquer ?

Au-delà de la « simple » éducation à une fin de sécurité, ce formatage du corps procède aussi de l’apprentissage proprement dit de la discipline… En se dégageant des contraintes d’une gestion des effets pour se concentrer sur la gestion des causes.

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A propos G.

Pratiquant lambda.
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