Du temps à autres : brève réflexion sur celui de l’apprentissage martial

walking-footprint-clipart-all-the-gallery-you-need-xqfphm-clipartAu cours des nombreuses discussions que l’on peut avoir sur les arts martiaux et autres sports de combat, reviennent très vite deux thèmes : celui du temps de pratique, et celui du disciple (préféré, forcément, assidu, sûrement). Si les disciplines martiales ne sont absolument pas les seules à prendre très au sérieux ces notions, elles ont tendances à l’utiliser très souvent comme argument publicitaire, et souvent de manière non réfléchie.

Ce qui ressort immédiatement de nombreux échanges sur le sujet est que l’appréciation de sa pratique en terme de temps passé est souvent trompeur, et en premier lieu pour le pratiquant lui-même. Ainsi, mesurer son « investissement » en termes d’années (« je pratique depuis xxx ans ») ne fait pas ressortir la même information qu’en nombre d’heures (« je pratique depuis xxx ans, yyy heures par semaine en moyenne »). On peut ainsi assez facilement trouver deux pratiquants qui, comptant le même nombre d’années de pratique n’auront pas forcément le même niveau. Le temps passé à pratiquer est souvent une des raisons visibles de cette différence, en tout cas pour deux pratiquants « moyens ». Cette remarque s’étend aux stages ou cours de découverte que l’on peut être amené à fréquenter. C’est d’ailleurs un écueil sur lequel on forcément buté les « pionniers » d’une discipline : pratiquer hors d’un cadre d’enseignement fréquent.

Mais le temps ne suffit pas forcément, d’autres paramètres sont également à prendre en compte. Le volume horaire est une chose, l’intégration des enseignements par le pratiquant en est une autre comme l’illustre tout parcours scolaire. Les capacités intellectuels ou physiques de chaque individu (le pratiquant) mais aussi celles de transmission de l’enseignant, ainsi que l’interaction entre l’élève et l’enseignant (ou les enseignants). Et jusque là, on n’a pas parlé de l’art martial…

Mais qu’en est-il, justement, de l’art martial ? Si l’on accepte (et il n’y a aucune raison que les arts martiaux – ou leurs déclinaisons sportives ou « santé » constituent une exception) que l’art martial procède des mêmes processus d’apprentissage qu’une autre discipline, nous avons donc deux composantes : d’une part, celle du travail (acquis), et d’autre part, celle des capacités propres du pratiquant (inné). L’une se nourrissant de l’autre et inversement, et pouvant – en plus – être favorisées ou défavorisées par telle ou telle condition spécifique intra- ou extra-disciplinaire. Ce qui relativise – on y vient – l’image du disciple favori, forcément le meilleur, car ayant passé une longue période près du maître, enfin plus longue que les autres. Pour remarquer les failles de ce postulat, il suffit de se référer à un système scolaire lambda, dans lequel le meilleur élève est celui qui complète le cursus le plus élevé dans une voie choisie (et considérée comme ardue) dans le moins de temps possible. Pour résumer : l’expertise ne s’acquiert pas par le seul contact prolongé, mais l’image reste belle et fait partie du folklore martial.

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A propos G.

Pratiquant lambda.
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