Simplement martial

Rickson Gracie. Source inconnue.

Rickson Gracie. Source inconnue.

Lors d’une interview, Rickson Gracie confia que lorsqu’il abordait un combat, il se figurait l’adversaire comme un monstre impressionnant de taille et de force, ayant plusieurs têtes et paires de bras1.

Personnellement, il ne m’en faut pas tant et lorsque je me confronte à un autre aïkidôka, je me contente de l’imaginer comme… Rickson Gracie. Pourquoi ? Eh bien, cela évite de poser de fausse problématiques. Par exemple, en hanmi handachi waza2, si je suis uke, j’ai tout intérêt à ce que Rickson Gracie n’ait pas le temps ou la possibilité de se relever, et je vais organiser mon attaque de façon à garder le précieux avantage qu’il soit à genoux et moi debout. Et, bien que soyons dans le cadre de l’aïkidô, si je suis un homme qui a la prétention de se frotter à R. Gracie, je vais devoir m’impliquer dans mon action, prendre un risque calculé mais réel. Se mettre hors de danger est un de principes fondamentaux, mais pas l’objectif en soi. D’autant qu’avec cette connaissance de l’adversaire, je vais pas faire le malin si je me trouve en position délicate et m’essayer au refus de chute ou tenter un geste hasardeux. De même, en tant que tori, je ne ferai aucun cadeau, comme par exemple de me relever si j’en ai l’occasion.

Maintenant, si mon partenaire de son côté m’imagine être, même si loin s’en faut, Jérôme Le Banner (soyons chauvin) il n’abusera pas de la clémence de mes atémis et ne s’essaiera pas à étendre son bras pour que du bout de ses petits doigts il vienne me chatouiller les narines, car « toucher n’est pas couler » et, même si c’est la mode, ce geste est dans tous les cas incongru, irrespectueux et une mauvaise habitude : dans une situation réelle, il se reproduira spontanément et en face il y aura… Jérôme Le Banner.

Ainsi, dans cette situation particulière du hanmi handachi waza et dans le cadre des ses contraintes, il y a peu de stratégies possibles pour tori comme pour uke. Ce dernier, pour empêcher tori de se lever, doit imposer à la fois pression et rythme. Or, trop souvent, on voit des négligences sur ces points : tori ne profitant pas pour se relever, il devient difficile de comprendre l’intérêt d’un tel travail, à part un côté sportif. Tori, de son côté, a peu de choix dans ses directions : s’il réduit la distance, il se fait « envahir », et s’il recule, il se fait déborder. Il lui reste les directions latérales avec des angles adaptés sur lesquelles il devra exploiter les pressions et rythme imposés le conduisant immanquablement au ki nagare (faire s’allonger l’attaque), seule solution à mon expérience pour affaiblir l’attaque et déséquilibrer uke. Ceci est un exemple remarquable par le fait qu’il n’ouvre qu’à une seule tactique, pourtant méconnue. Même suwari waza offre plus de solutions, mais l’essentiel, et c’est là le but de mon propos, est d’étudier avec lucidité, cohérence et cohésion.

Kaigan

Notes

1. On retrouve l’image des hécatonchires de la mythologie grecque.
2. Travail à deux avec l’un des protagonistes à genoux (attaqué), l’autre debout (attaquant).

Je voulais remercier Kaigan pour ce témoignage, qui pourrait susciter quelques commentaires et autres témoignages. L’ajout de notes est de mon fait. Merci encore pour ce partage.
G.

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A propos G.

Pratiquant lambda.
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