Un pas trop loin

Ce billet est une traduction, avec son aimable autorisation, de One step too far, un texte de Geoff, pratiquant chevronné de kendô (7e dan kyoshi) et auteur du blog kendoinfo (en anglais) que je vous engage à consulter. L’illustration est également issue de son blog.

L’une des erreurs les plus communes que je peux voir chez les débutants, et parfois chez des kenshi plus expérimentés, est l’habitude d’introduire un pas supplémentaire dans leur approche et leur attaque. Ce que je veux dire est qu’ils débutent hors de portée de frappe, avancent d’un pas vers leur opposant, avancent d’un autre pas alors qu’ils lèvent le shinai et un autre en l’abaissant. Cela est parfois aggravé par le jeu de jambes, changeant de pied avant dans cette routine en trois temps : pas, lever, frapper.

L’action correcte est, bien sûr, de rester dans une distance en gardant chudan kamae, puis de lever et d’abaisser le shinai en un mouvement continu, tout en effectuant simultanément un deuxième pas pour frapper la cible. Cela semble facile mais ce n’est pas le cas pour certains, particulièrement s’ils sont habitués à attaquer selon un rythme un, deux, trois.

Monter le shinai pendant que l’on est hors de distance de frappe donne à l’opposant un avertissement anticipé de votre intention. Cela laisse aussi une ouverture pour un tsuki et un do, particulièrement si vous restez longtemps avec le shinai levé. Cela veut aussi dire que votre technique, même si vous parvenez à atteindre la cible, n’a pas un ki ken tai ichi correct, puisque la coordination pied-main est difficile.

Il y a, cependant, de nombreuses manières de corriger cette faute. Un bon début est de pratiquer le suburi, en se concentrant sur le fait que le mouvement haut puis bas se fasse en un temps (ichibyoshi). On peut aussi pratiquer des enchaînements men en restant dans sa propre distance uchima sans abaisser ou rehausser la pointe du shinai puis en la levant comme si on la poussait à partir du pied gauche et en l’abaissant très près du men de l’opposant lorsque le pied droit frappe le sol. On devrait s’assurer qu’avant de pousser, on amène son pied gauche en bonne position et la balle du pied soit en contact important avec le sol.

Une fois que l’on a réussi cet enchaînement, on peut le faire évoluer en utilisant des frappes plus petites simplement alimentées par votre mouvement avant et votre tenouchi. Puis, avec la coopération du partenaire, on peut travailler sur la création et la suppression de pression afin de construire une base pour le debana men.

Si vous souffrez du syndrome « un, deux, trois », il est important de corriger cette habitude le plus tôt possible dans votre carrière en kendô. Avoir de bonnes bases rend l’apprentissage des techniques avancées plus facile.

Publié initialement en anglais sur Kendoinfo par Geoff le 25 janvier 2016.

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A propos G.

Pratiquant lambda.
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