Prêcher aux convaincus

Ce billet est une traduction, avec son aimable autorisation, de Preaching to the converted, un texte de Geoff, pratiquant chevronné de kendô (7e dan kyoshi) et auteur du blog kendoinfo (en anglais) que je vous engage à consulter. L’illustration est également issue de son blog.

Étant quelqu’un qui aime pratiquer le kendô, le regarder, écrire dessus et en parler, je parle pourtant rarement de cette passion aux gens dont les vies croisent la mienne dans d’autres domaines. Je pense, à tort ou à raison, que vous « attrapez » le kendô ou non, et que ceux qui l’attrapent constituent une très petite minorité.

Ne vous méprenez pas ! Je ne cache pas le fait que je pratique le kendô à mes amis et collègues, mais je suis assez content de ne pas passer du temps à changer la perception des gens qui pensent qu’il s’agit de combat au bâton ou de la reconstitution historique samouraï. Avant de quitter le travail cette fin de semaine, on m’a demandé si je partais pour entraîner une nouvelle génération de Chevaliers Jedi et la réponse la plus simple à donner fut : « Ouais, quelque chose du style ».

Il y a de nombreuses années, j’aurais été plus évangéliste et j’aurais passé une trentaine de minutes à lui casser les oreilles avec les principes moraux et physiques du kendô, et lui aurait expliqué que l’objet du kendô est l’amélioration de soi par un entraînement dur et approprié. Je serais rentré dans les détails, expliquant que le shinaï n’était pas un bâton mais une représentation du sabre japonais qui nous permet de pratiquer dans un combat avec plein contact.

J’aurais aussi expliquer que nous étions limité par quatre cibles seulement qui doivent être frappées avec la bonne partie du shinaï sur la bonne partie du bogu et que cela doit se faire en pleine conscience et bonne posture, en coordonnant le sabre, le corps et la concentration et que le tout devait être suivi par quelque chose qu’on appelle « zanshin ». Mon enthousiasme m’aurait fait continuer jusqu’à ce qu’il comprenne pourquoi je pratique le kendô et je n’aurais pas vu ses yeux devenir vitreux plus de 20 minutes avant que j’aie terminé.

Même avec des pratiquants d’autres arts martiaux, je suis content de parler des choses que nous partageons et des idées communes à leurs arts et au nôtre, mais je ne rentre pas dans les détails sur les concepts et expériences propres au kendô.

Pour que cela soit clair, je ne protège pas les secrets du kendô des non-initiés comme on pourrait le faire avec le ninjutsu ou un rituel maçonnique, mais j’exerce simplement mon droit à ne pas ennuyer les gens avec un sujet dont ils n’ont que faire.

D’un autre côté, mes amis du kendô savent que dans notre cercle je peux, avec joie, passer des heures à parler de kendô ou à écouter les autres en parler. Il semble plus facile de partager de l’information basée sur une expérience et des ambitions communes.

Pour les collègues et amis non-kendôkas, s’ils pensent que ce que je pratique est ce qu’on trouve dans Kill Bill, le Dernier Samouraï ou Star wars, c’est aussi bon pour moi.

Publié initialement en anglais sur Kendoinfo par Geoff le 28 juillet 2014.

 

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A propos G.

Pratiquant lambda.
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