Esprit combatif et passages de grade en kendô

Ce billet est une traduction, avec son aimable autorisation, de Fighting spirit in grading examinations, un texte de Geoff, pratiquant chevronné de kendô (7e dan kyoshi) et auteur du blog kendoinfo (en anglais) que je vous engage à consulter. L’illustration est également issue de son blog.

Je reviens tout juste d’un week-end de stage et d’examen de grades de kendô. Nous avons, en plus de l’entraînement kihon et kata, eu deux séances de keiko durant lesquelles j’ai été impressionné par l’esprit combatif des gens avec qui j’ai pu m’entraîner.

A la fin du stage, j’ai conseillé aux candidats à l’examen à venir de simplement se relaxer et de démontrer leur meilleur kendô, ce que la plupart d’entre eux ont réussi à faire, mais parfois au détriment de cet élément d’esprit combatif. Ce que nous avons pu voir à la place sont des démonstrations techniques joliment chorégraphiées, avec des ouvertures claires prises chacun son tour avec peu ou pas de résistance.

Les examinateurs recherchent les preuves positives de la capacité des candidats à montrer les éléments clés du kendô : une coupe correct, une bonne posture, une coordination main-pied, du minutage, la capacité à créer et réagir aux ouvertures et, bien entendu, l’esprit combatif. Ces éléments sont requis en différentes proportions en fonction du grade postulé, mais à tout niveau, vous devez montrer que vous êtes là pour combattre.

Par esprit combatif, je ne veux pas indiquer agression brute. La sensation que j’essaie de décrire est plus celle de garder une réserve d’énergie centrée sur l’abdomen, de sorte à ce que l’on puisse être constamment prêt à intervenir et prendre l’initiative, et quand on voit la cible, de mener une action explosive. A son paroxysme, c’est une combinaison entre une attitude mentale et une technique correcte de respiration qui permet de s’impliquer à 100 % dans une attaque, de gagner ou de perdre.

Au début de nos carrières en kendô, il est difficile de rationaliser le fait d’appliquer une pression sur notre vis-à-vis en se relâchant dans le même temps, mais cela devient de plus en plus facile d’y arriver en s’entraînant plus en kihon. On peut accélérer le progrès en développant activement la bonne attitude. Je veux dire par là que dans le moindre des enchaînements basiques, l’on doit essayer de créer le « contact par la pensée » avec son vis-à-vis, et de toujours penser à comment construire chaque technique en faisant bouger son opposant. Cela conduit aux concepts de sen, sen sen no sen et de go no sen, mais bien que cela ne soit pas difficile à appréhender d’un point de vue intellectuel, la capacité physique à créer et prendre l’occasion est l’une des préoccupations permanentes les plus difficiles de notre entraînement de kendô, et peuvent seulement être résolues par le biais d’un entraînement correct et constant.

Donc, si vous avez échoué ici ou lors d’une occasion récente, ne soyez pas découragés, revenez au dôjô, relâchez vos épaules, prenez une grande inspiration, centrez votre énergie et revenez à l’entraînement kihon avec beaucoup de confiance et d’agressivité contrôlée.

Publié initialement en anglais sur Kendoinfo par Geoff le 21 juillet 2014.

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A propos G.

Pratiquant lambda.
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