Les synthèses, les autres trucs et le jûjutsu

Photographie d’un samouraï en armure complète (années 1860). Domaine public.

Cela fait plusieurs années que je m’intéresse au monde des arts martiaux, et plus particulièrement au monde des arts martiaux japonais. Comme bien d’autres, j’ai « digéré » d’abord les documentations fournies essentiellement par les instances fédérales de l’époque. Et comme bien d’autres, j’ai cru au message du jûdô évolution du jûjutsu, ancêtre de l’aïkidô et du karaté également. Le jûjutsu (souvent mal orthographié jujitsu ou jiujutsu) pratiqué sur les champs de bataille (forcément) étant la méthode idéale pour désarmer le fort quand on est faible, quasiment sans danger pour soi. Il était également une méthode de développement personnel pour les samouraï. Presque l’arme ultime, et vendu comme tel dans certaines publicités de magazines grand public (Karaté Bushido et Budo International, pour ne pas les nommer).

Ceci dit, les mêmes magazines grand public vendaient aussi comme armes ultimes – dans le même temps – différents styles de karaté, le muay thai, le MMA, le jiu jitsu brésilien, ainsi que le Wing Tsun. Cela pose quand même question. A commencer par ce qui est couvert par le vocable jûjutsu (et ses déclinaisons orthographiques, encore plus nombreuses). D’autres amateurs ont leurs réponses, parfois très directes, mais néanmoins argumentées. Alors, que recouvre – indépendamment de toute considération d’efficacité ou de réalisme technique, la grosse trentaine d’écoles ou groupes pointés par le site lejujitsu.net (qui semble en arrêt presque définitif), considérés pour la seule France ?

Un inventaire (partie 1)

Signalons que certaines appellations présentent un nombre importants d’homonymes. Passons immédiatement sur les écoles qui ne se revendiquent pas comme styles de jûjutsu (malgré parfois une influence clairement identifiée comme école de jûjutsu) : le Shorinji kempo, le Jiu jitsu brésilien (oui, j’assume), le Yiseishindo, le Taï-do (en admettant que ce soit celui de Robert Cassol, et non le Taïdô, style de karaté), le Goshin budokaï (groupe revendiquant pratiquer du karaté…), le Budo kaï Goshin jutsu, le Goshindo (école Alain Sailly) et même, malgré ce que l’on pourrait penser en lisant l’interview, le Bugeï de Gaël Coadic. Je classerai aussi, malgré sa dénomination, l’École française de judo/jujutsu traditionnel (EFJJT, méthode Levannier), qui semble axée sur le jûdô (l’historique ne mentionne le terme de « jujutsu » que dans l’intitulé de l’école).

Jigoro Kano, appliquant la clé waki gatame. Domaine public.

Jigoro Kano, appliquant la clé waki gatame. Domaine public.

D’autres écoles se placent (même si cela n’engage en rien sur le sérieux de la méthode en elle-même, des groupes ou des pratiquants) dans une filiation claire de pratiques de jûjutsu. Ainsi, la plus connue dans ce cas est certainement le Hakkô ryû jû jutsu, dont plusieurs descendants directs sont mentionnés : Kokodô jûjutsu, Wa jutsu (méthode Quéro) et le Zen hakkô kaï (a priori disparue depuis le décès de son fondateur). Le « Takedo jujutsu » mentionné est en fait le nom d’un club qui annonce pratiquer principalement l’école Hakkô Denshin ryû, également un descendant direct du Hakkô ryû. Une école d’aïkidô-aïki-jûjutsu (la classification n’est pas très claire), la Yoseikan de Minoru Mochizuki, est représentée par l’Aïkido-jiujitsu de Claude Falourd et comme composante du système Nihon kempo Tanaka ryû Tadashi Ha. La seule école clairement identifiée comme ancienne (antérieure au XXe siècle) et japonaise est la Yagyû Shingan, dont la pratique à mains nues qui porte d’autres dénominations ne revendique pas forcément l’inscription dans la grande famille des jûjutsu… Enfin, certaines écoles, enseignant plusieurs disciplines, restent « floues » (historiquement et dans certaines de leurs dénominations) à mes yeux : les écoles indiquées issues du noyau « Takeda ryû », à savoir la Takeda ryû Maroto ha et le Takeda Budô (Takeda ryû Kobilza ha), ainsi que la Kokusai jûjutsu renmei, organisation japonaise sous la direction de Shoto Tanemura, regroupant quelques écoles.

Un inventaire (partie 2)

Toutes les autres écoles se placent de fait hors de cette filiation. Elles relèvent soit d’une synthèse avec un noyau japonais ou japonisant (et l’indiquent), soit d’une synthèse non dite (voire d’ailleurs parfois cachée, avec un historique parfois surprenant). Les revendications sont diverses : pratique martiale, de self-défense ou les deux. Ces écoles se revendiquent souvent du « jûjutsu des samouraï ». L’Atemi jujitsu (méthode Pariset) en est un exemple typique, et sûrement le plus influent en France, en raison de sa mise au point au sein de la puissante fédération de jûdô dans les années 1970. C’est une synthèse (ré-)ajoutant au jûdô (méthode Kawaishi) des éléments de percussion (provenant du karaté – shotokan – et de la boxe française) et des clés (provenant de l’aïkidô essentiellement). Elle est à la base du jujitsu actuellement présenté par la FFJDA, ainsi que d’un certain nombre de nouvelles synthèses et de « dissidences » présentées dans la sélection présentée (JuJitsu Défense personnelle, ReiOkami jutsu, Jitsu Ryoku, très probablement Mushin ryû). Un deuxième groupe non négligeable a été initié par Roland Hernaez et son Taï jutsu, évoluant par la suite en Nihon taï jitsu (Hernaez), Tai jitsu do (Dubois) et Tai jitsu (Vignon/Hoffer). Il s’agit originellement d’une synthèse entre l’aïkidô du Yoseikan (et sa partie à mains nues, taï jutsu), le karaté (shotokan), le Jûdô et le Shorinji kempo.

Hironori Otsuka, fondateur du Karaté Wadô ryû et Menkyo kaiden de l'école Shintô Yoshin ryû jûjutsu, et son fils Jiroo (futur Hironori II). Source inconnue de l'auteur du blog.

Hironori Otsuka, fondateur du Karaté Wadô ryû et Menkyo kaiden de l’école Shintô Yoshin ryû jûjutsu, et son fils Jiroo (futur Hironori II). Source inconnue de l’auteur du blog.

Et les autres ? Ce sont toutes des synthèses, essentiellement à partir de méthodes modernes… : Goshinkaï, Ki shin tai jutsu, Komori ryû, Mushindo (qui semble avoir disparu). Deux écoles sont « multi-disciplinaires », l’École française de budo (dont la pratique « ju jitsu » est en fait le Small circle jujitsu de Wally Jay, et la pratique Toreikan budo dérive du Yoseikan budo d’Hiroo Mochizuki) et le Taikibudo… en parti issu de la précédente, avec des influences également hakkô ryû. Enfin, le Taiho jutsu se présente comme une méthode évolutive mise au point au Japon dans les années 40 sur une base karaté wadô ryû/jûdô/etc. Deux écoles se démarquent en raison de leurs historiques respectifs : le Jujitsu butokukai et le Sekko te dori …

Bien entendu, toutes ces écoles ne représentent pas l’ensemble des écoles se réclamant en France à tort ou à raison du jûjutsu (on peut noter l’oubli de l’Okuyama ryû de T. Riesser, par exemple), comme il est d’ailleurs indiqué : ce paysage est et reste mouvant. Et que dire si l’on passe à la dimension européenne ou internationale ?

Synthèses, synthèses et encore synthèses (la plupart du temps)

Encore une fois, et sans considérer un instant leur contenu technique et sa valeur, le foisonnement des « jujitsu » syncrétiques, n’ayant parfois aucun lien dans la construction avec une école japonaise, au côté des écoles descendantes (et parfois ne revendiquant pas l’appellation jûjutsu) est tout simplement stupéfiant. Il dénote d’un réel intérêt que suscite la « marque » jûjutsu (l’art ultime du samouraï) auprès du grand public, avec une connotation self-défense (« moderne ») en plus, pour lequel il est parfois bien compliqué de s’y retrouver. Si l’on rajoute à cet engouement qui incite beaucoup de créateurs à utiliser le terme, plus ou moins bien orthographié, une dimension historique (le jûjutsu est arrivé en Europe très tôt, et aux États-Unis assez tôt également) ainsi qu’un manque d’information sur la pratique japonaise (assez fermée, en tout cas jusqu’à récemment), on peut comprendre la facilité avec laquelle on a pu créer des écoles de « jujitsu », sur la base la plupart du temps de synthèses plus ou moins heureuses.

Ce qui peut sembler paradoxal, c’est qu’il existe de nombreuses disciplines bien établies (reconnues) dont la construction est, initialement, basée sur la synthèse de différentes écoles, que cela soit au sein des arts martiaux japonais ou autres, la plus célèbre et la plus pratiquée étant sans conteste le jûdô, lui même à l’origine de multiples synthèses. Et de nouvelles apparaissent encore, comme l’Aunkaï, par exemple. L’essentiel, pour ces systèmes, et que l’enseignement, le bagage technique et l’application soient cohérents entre eux (c’est d’ailleurs une question soulevée, par exemple, à propos de la forme du corps en Nihon tai jitsu), parfois en « dépouillant » les ingrédients d’origine. De là à prétendre que l’amalgame est forcément du jûjutsu, il y a une marge trop aisément franchie.

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A propos G.

Pratiquant lambda.
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19 commentaires pour Les synthèses, les autres trucs et le jûjutsu

  1. Xavier dit :

    Salut Grimlock,

    Merci pour cette belle synthese du paysage du « Jujutsu ». Pour ma part, je classerais quand meme le NTJ dans les descendants de l’Aikido Yoseikan, c’est 90% du contenu de l’ecole qui en provient (et 10% du Shorinji Kempo grosso modo), au contraire du Tai Jitsu Do et du Tai Jitsu qui revendiquent clairement une filiation Shotokan. Sans jugement de valeur par ailleurs

    A bientot,
    Xavier

    • G. dit :

      Salut ! Je me suis grandement appuyé sur la liste établie par le site lejujitsu.net (non datée, mais antérieure à 2012). Je pense qu’elle est obsolète, puisque certaines pratiques ont pour moi disparu, d’autres sont apparues ou n’ont jamais été relevée (le cas de l’Okuyama ryû de Thierry Riesser-Nadal est typique, puisqu’elle apparait de mémoire dans le dictionnaire de Lombardo).
      Concernant le NTJ, tu es bien mieux placé que moi pour en décrire les influences majeures (et je t’en remercie) : je me contentais juste de commenter cette liste. Le sujet des synthèses martiales, en raison de leur nombre, et de la place majeure qu’elles occupent dans l’histoire des arts martiaux, reste un sujet passionnant 🙂
      A très bientôt !

  2. ndelalondre dit :

    Salut Grimlock,

    Merci pour l’article intéressant. Notons au passage qu’un certain nombre de jujutsu ancien sont aussi des synthèses d’arts plus anciens (de même pour les kenjutsu), un procédé vrai à chaque époque.

    • G. dit :

      Et pas seulement ces écoles ! C’est tout à fait ce qui me préoccupe sur le fond. Le procédé est aussi vieux que l’histoire des arts martiaux, tout le monde en conviendra (pour les vieilles écoles japonaises, « au kami près »).
      La question qui vient toujours après est : « la synthèse, pour quoi faire ? ». La juxtaposition sans lien (du style « nous avons choisi les meilleures techniques ») me paraît une mauvaise idée. Il me semble difficile de penser que des choix techniques et stratégiques éclairés et cohérents puissent être si facilement effectués…

      • ndelalondre dit :

        Ce qui semble plus récent, c’est la propension à créer des synthèses hors contexte (au sens : faire des synthèses martiales qui ne sont pas issues d’une expérience de la confrontation); certains self-defense ont encore ce lien avec la réalité mais pour la plupart des synthèses aiki-karaté-judo je me demande quel est le critère de synthétisation (bon celà n’a pas débuté à notre siècle, mon école est issue d’une volonté de revenir à des sogo bujutsu plutôt qu’une modernisation du jujutsu).
        Pour rester juste sur la partie que je connais un peu mieux (le nombre de synthèse moderne étant colossal) – les jujutsu de l’époque Edo – , cette époque parait beaucoup plus faite d’échanges martiaux entre gradés d’école qu’on ne le pense… Je crois d’ailleurs que la prochaine version du livre Old School (Ellis Amdur) l’évoquera.

        Je reviens aussi sur ta citation très juste « nous avons choisi les meilleures techniques ». C’est effectivement souvent l’argument de vente que l’on entend (jusqu’à la prochaine synthèse). Alors qu’il me parait bien plus important de développer des stratégies (techniques / tactiques) spécifiques à l’école et adapter en conséquence les fameuses techniques. C’est un peu l’idée au final des kata : contenir via une forme (qui peut être adaptée), des principes et des choix stratégiques.

        • G. dit :

          J’aurais pu écrire une grande partie de ton commentaire, qui traduit assez bien ma pensée. Pour ce que j’ai pu voir de certaines synthèses, on peut effectivement se poser la question de la valeur ajoutée. Pour d’autres… la question ne se pose pas (dans un sens ou dans un autre, d’ailleurs).

  3. « Deux écoles se démarquent en raison de leurs historiques respectifs : le Jujitsu butokukai et le Sekko Te Dori » …. En tant que président de l’ASTD, je me ferai un plaisir de répondre à des questions qui ne me sont jamais posées.
    Il semble que je sois connu de bien plus de gens que je n’en connais moi même.
    Avoir le droit de supputer de critiquer; et avoir le droit de répondre.
    Le texte ci dessus reste très vague mais la proximité avec le Butokukai me laisse perplexe.
    Qui m’a rencontré? Ou? Qui s’entraîne avec moi ? Et puis cette manie des pseudos.
    Avez vous si peur?
    Je suis prêt à répondre sans problèmes à des gens sérieux parcourant les tatamis.
    Les derniers à être venu me voir, des commentateurs Kwoon et Ikusa ont montré la mesure de leur pratique du clavier et c’est tout.
    Sur le tapis, des carpettes qui se sont fait botter les fesses…

    Mon email: jemirey33@gmail.com ou sekkotedori@gmail.com
    Dojo 114 Bruges – 114 avenue Jean Jaurès 05 47 33 68 47
    Quand il vous plaira
    Jean Michel Rey

    (Un peu de courage.)

    • G. dit :

      Tout d’abord : bonjour.
      Détrompez vous : toutes les réponses aux questions que je me suis posée sur l’historique de votre pratique, vous y répondez vous-même (y compris par ce commentaire, légèrement vindicatif), en particulier sur votre site.

      Vous avez manqué visiblement le point principal du sujet : je ne parle pas du fond (qualité, réalisme, ce genre de choses), mais de la construction d’une discipline. Cette dernière s’appuie sur deux points, essentiellement : le « bagage technique » (disons ça pour faire simple), et la communication (historique et finalité, et façons de faire passer). Sur cette dernière, je suis désolé, mais cela pêche plus qu’un peu.

  4. Mais ou est donc passé le commentaire écrit par mes soins?

    JM REY Président de l’ ASTD ?

    • G. dit :

      Les commentaires sont modérés a priori. Ceci explique cela.
      Ah, ils sont AUSSI modérables a posteriori.
      Le tout permet d’éviter, quand cela est nécessaire, des argumentations circulaires, ou des prises de postures.

  5. Je vous répond entre deux entraînements.
    Je suis tombé par hasard sur votre site, je suis donc surpris d’un débat public, le mot public est important, il ne s’ agit pas d’une discussion privée, qui se fait sans les intéressés.
    Ecrire dans le dos des gens des commentaires lisibles par tous n’est pas fair play, et tant pis si ma nature vous déplait, monsieur « G ». (Comme le point ?).
    Lorsque vous citez une école dans un article, vous pourriez la prévenir, « courtoisement ».
    Un lien rapide ..pour répondre avec pondération.

    Le Te Dori est référencé dans l’encyclopédie de Roland Habersetzer.

    Tant qu’au jujitsu .net, puisque vous puisez vraiment à la source, (laissez moi rigoler),
    le jujitsu.net étant une cellule du judo/jujitsu et revendiqué comme tel,
    Le texte y est bref, vague et l’historique n’y est pas abordé.
    Y puiser des informations ..? Vous êtes un vrai détective., monsieur G.

    Pour en terminer, tant que je n’aurais pas un nom et un prénom, un visage,
    je considèrerai votre site comme un défouloir de puceaux martiaux sur clavier et ne m’adresserai plus à des anonymes.
    Et vous savez ou me trouver!

    Martialement

    JM Rey

    Dojo 114 Bruges 33/ Bordeaux
    114 avenue Jean Jaurès
    Jujitsu // MMa

    • G. dit :

      Tout d’abord, laissez-moi vous informer que votre commentaire est le dernier sur ce site. Comme ça, tout le monde sera content.

      Concernant la « publicité », plusieurs points. Mon blog est relativement « confidentiel » : je n’ai pas l’audience de certains pratiquants-écrivains. C’est comme ça, et je n’ai pas à le regretter ou non. Par contre, je n’ai aucune obligation à vous demander ou non une permission pour commenter des textes que vous mettez vous même sur la place publique (ce qui est votre problème, cette fois-ci).

      Concernant le référencement : Te dori est effectivement présent dans l’Encyclopédie de R. Habersetzer, il y est comme synonyme de tekubi dori (saisie du poignet, p.724). Dans une de ses versions. C’est un des multiples points qui m’ont fait douter de votre « historique ». La même encyclopédie, à la rubrique « ju-jutsu » dont votre école se revendique, ne mentionne pas non plus ce terme. Sur ce point, la discussion est close.

      Concernant jujitsu.net : ce site m’a permis, comme indiqué, de faire une liste, et c’est quasiment tout. Il s’avère que j’ai également lu les retours d’école sur leurs pratiques, et histoires réelles ou supposées. Y compris le vôtre (qui était très similaire à celui de votre site il y a peu, mais passons). Mais vous m’apprenez que « Nawa Sekko » ne fait pas partie de l’historique de votre pratique…

      Pour finir, permettez-moi de vous suggérer de revoir votre stratégie de communication, qui ne sert en rien votre discipline.

      P.S. : effectivement, comme vous me le signalez en privé, le terme te dori est signalé p.667 chez Habersetzer, comme employé pour désigner le jûjutsu au XIIe siècle (synonyme : Tegiki). Dans ma version papier (dont je pourrais fournir l’ISBN, mais il s’agit de la 3e édition, donc une ancienne version maintenant, et apparemment, les versions récentes ne contiennent plus l’information apparemment). Ce qui ne change pas grand chose dans le fond, un peu comme les autres dénominations inusitées ou rarissimes (yawara, au hasard). Ah, pour information, le Shukokai (dont je connais quelques pratiquants) est bien signalé p. 611 dans la même encyclopédie.

  6. En gros je suis très d’Accord avec vous sur les nombreux cas d’Abus dans le monde des arts martiaux. Vivant au Québec, ou il y a beaucoup moins de contrôle à propos des école martial, le problème est un peu moins présent. Étant peu nombreux, il est difficile de vivre de l’enseignement donc peu de gens prenne le risque d’ouvrir des pseudo école. Il reste quand même quelques école populaire (juujitsu (jitsu??) brésilien… disons plutôt du judo…. puisqu’il n’y a pas de frappe…) , style mma etc. Une organisation donne même des cours pour plusieurs art martial et les enseignants possède des ceinture noir dans 5 ou 6 style (karate/judo/wingtsun/kung fu/mma/etc) et tenez vous bien! ils ont à peine 30 ans!!!! INCROYABLE!!! et le pire c’est que les gens embarque…

    Bref pour l’info historique, le terme juuJUTSU(technique) n’est qu’un terme générique utilisé autrefois pour désigner les arts martiaux… tout comme taijutsu. A priori cela veut simplement dire que c’est une école d’Art martial. Par contre le terme traditionnel est probablement très exagéré pour plusieurs de ces écoles! Surtout si le mot JITSU (vérité) y est attaché, cela prouve un manque de connaissance de la langue japonaise, par conséquent, un manque flagrant de connaissance de la dites « tradition ». Le terme ryu voulant simplement dire courant ou école (l’école « naninani » machin truc) cela ne dit pas si c’est une école de combat (budo), d’Arrangement de fleur (kado), de cérémonie du thé (sado),etc! Donc, il est utile de venir préciser la vocation de l’école par un petit mot descriptif!

    En bujinkan, qui comporte 9 écoles, certaines utilise le dénominatif de koppo jutsu ou kosshi jutsu, et on retrouve pourtant des clés style aikido et autres projection. Étrangement, personne ne pensent utiliser ces noms puisqu’inconnu du grand public, donc moins susceptible d’attirer des portefeuille ambulant!

    • G. dit :

      Bonjour.
      En fait oui pour un terme générique, non pour LE terme générique. Jûjutsu n’est pas équivalent à art martial, par exemple (par exemple, le muay thaï ne pourrait pas être considéré comme tel). D’ailleurs, il existe d’autres termes génériques dans la culture japonaise (je rajoute aussi okinawaïenne), pas forcément étanches entre eux, mais qui, a priori, désignent des ensembles un peu différents. Jûjutsu, kenpô, karaté, et j’en passe. D’où une certaine difficulté à faire le tri entre méthodes nouvelles et anciennes, bien japonaises ou reconstructions (ou pures inventions).
      Je pense que nous (s’entend, toute personne s’intéressant à ce côté historique et sémantique) n’avons pas fini d’en discuter…

      • Je veux simplement dire que ce n’est pas le seul terme possible pour désigner une école de nature martial. Koppo jutsu kosshi jutsu taijutsu karate etc…

        Pour ce qui est de la définition de Juu jutsu, école de combat utilisant des technique dites « souple » requérant un bon placement permettant de maitrisé un adversaire sans utilisation de la force physique. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de frappe, seulement que l’école de spécialise dans cette ligne de pensée. Ce ne sont que des titres pour préciser la « spécialité » de l’école. Si tout le monde l’utilise c’est parce que cela est un mot connu de tous, comme tsunami (au lieu de raz de marée!)

        A savoir si une école est vraiment efficace, je crois que c’est un débat stérile puisque l’efficacité repose plus sur le pratiquant que sur l’école étudié. On peu étudié à la meilleur école et être un parfais cancre! Ou étudié dans une mauvaise école et être un génie malgré tout (probablement au grand déplaisir du professeur HAHAHA).

        C’est plus l’utilisation du mot « traditionnel » par certain qui m’irrite un peu plus.

        • G. dit :

          Les dénominations spécifiques (« koppô jutsu » par exemple) ont des significations ;).
          Par contre, tout à fait d’accord pour l’emploi du terme « traditionnel ». Je pense que je ne pourrai couper à traiter ça ici un jour…

  7. Ping : Tout est-il « traditionnel  ? | «Sur les pas de Mars

  8. Valsolo dit :

    Je rejoins Xavier concernant sa remarque sur le NTJ. Par ailleurs Maître Hernaez, se défend de dire que sa discipline est « une synthèse entre l’aïkidô, le karaté (shotokan), le Jûdô » et le reste…
    Les projections étudiées par exemple sont celles d’avant le judo moderne et plutôt issues des anciennes écoles de jujutsu (cf jutsuri no kata ou aussi yama arachi – kubi nage – tembim nage – irimi – shiho nage). En NTJ nous ne tenons pas le kumikata et les défenses par projections se font sur attaques par atemi ou saisies de poignets.
    Concernant les sutemi waza, une grande place leur est faite depuis que Maître Hernaez et les élèves premiers (P. Gallais et R. Folny) sont parti étudier au japon (cf Maître Kai – Sato et Washizu sensei qui s’entraine toujours dans l’ancien dojo de Minoru Mochizuki à Shizuoka au Japon).
    Les similitudes avec le karate shotokan sont plutôt issues de la nécessité fédérale de s’inscrire dans un cadre pour les passages de grade.
    Enfin Maître Hernaez est ouvert à l’expertise des pratiquants de NTJ qui ont enrichi leur pratique d’autres disciplines comme c’est le cas dans le sud de la France où une place importante est faite à l’étude de l’arnis kali escrima de Mena transmis par D. Faynot ou dans l’Est de la France où les gradés NTJ s’entrainent chez Serge Rebois en Kyusho. Il s’agit avant tout d’enrichir la pratique première.
    J’ai beaucoup appris sur ton blog. J’ai beaucoup investi les échanges numériques ces dernières années, mais j’ai abandonné cette pratique faute de temps, aussi tes lecteurs m’excuseront d’avance d’avoir fait une réponse à l’arrachée, qui nécessiterait plus de temps et d’application. V.S

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